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L’hôpital Saint Jean de Dieu de Tanguiéta pleure sa Madre...
- Le samedi 17 avril 2010 une foule nombreuse est venue à l’hôpital saint Jean de Dieu de Tanguiéta pour rendre un dernier hommage à Rosana Merlo que les fréres amaient appeler affectueusement Madre.Il faut noter que depuis 1975 cette ex-employée des postes et télécommunications à Milan a servie dans les hôpitaux d’Afagnan et de Tanguiéta... (cliquer sur "lire la suite").
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comme LAIQUE BENEVOLE avant de s’endormir dans la paix du Seigneur. Voici le témoignage du frére Boniface SAMBIENI directeur de l’hôpital Saint Jean de Dieu de Tanguiéta.
“Le Seigneur a donné, le Seigneur a repris, que son nom soit béni »
« Quand la personne ne se replie pas sur elle-même, elle découvre le dessein mystérieux de sa vie, alors elle devient capable d’écouter la voix de Dieu et d’expérimenter le dynamisme de l’Esprit qui la conduit vers ‘l’inconnu’. L’expérience d’une vocation a été comparée à une séduction ou à une attraction irrésistible. » (La spiritualité de l’Ordre Hospitalier, 86).
Il n’est pas facile de parler d’une personne simple, effacée, extrêmement discrète, humblement disponible comme fut Rosanna parmi nous. Sa vie toute donnée aux autres a fait que nous ne connaissons presque rien d’elle-même.Â
Rosanna Merlo est née à Turin le 1er septembre 1930. Elle a travaillé à Milan comme employée des Postes et Télécommunications.
1. Une vocation irrévocable
Notre Sœur Rosanna que nous appelions affectueusement Madre Rosanna, par son baptême, s’est engagée à vivre dans la fidélité à sa vocation chrétienne. Elle a choisi une vie simple mais pleine de générosité. Une simplicité de vie qui se reflétait aussi dans son habillement : toujours le même habit, digne et sans particularité, sinon celle d’être économique. Son élégance lui venait de l’intérieur, du ton de sa voix, de sa manière d’aborder les autres, de ne vouloir être d’aucun dérangement pour autrui, de toujours se mettre à la dernière place à table et de ne manger que l’essentiel pour vivre. Car pour elle, « tout ce que nous consommons en plus est volé aux autres » disait Ghandi.
C’est depuis le jeune âge que Rosanna s’est sentie poussée vers la mission, sans pouvoir s’expliquer à elle-même ce qu’elle voulait y faire et pourquoi. Par la suite, elle a commencé à réfléchir plus sérieusement à ce sujet à la fois pressant et fascinant.
2. L’Afrique: sa perle précieuse
Au début de la maturation de sa vocation missionnaire, Rosanna ne pensait pas à l’Afrique, mais plutôt au Brésil ou au Madagascar. C’est par son amie Emilia Versetti qu’elle va découvrir l’Ordre Hospitalier de Saint Jean de Dieu et son charisme. Elle en restera profondément touchée et dira avoir trouvé sa vraie voie.
Sa première expérience de l’Afrique remonte en 1975 à Afagnan, au Togo. Elle consacrait le temps précieux de ses congés à la mission pour l’Afrique en venant passer de brefs séjours puis retourner reprendre son travail à Milan.
Après la mort de son frère, elle se trouva libérée de tout lien familial en Italie et put faire la volonté de Dieu dans les missions. Arrivée à l’âge de la retraite, elle vendit tout y compris sa maison, donna l’argent en faveur des pauvres et partit définitivement pour l’Afrique, sa terre préférée. Elle en parle ainsi : « La première chose qui vous frappe c’est le silence, la nature, la campagne illuminée par la pleine lune. D’autre part elle est tellement primitive qu’elle te laisse perplexe ».
Rosanna avait trouvé dans notre communauté à Afagnan comme à Tanguiéta sa place pour vivre chrétiennement au service des pauvres et des malades à l’exemple de notre père fondateur Saint Jean de Dieu. N’étant pas infirmière de formation, elle se disait être toujours disponible à faire ce qu’on lui demanderait, si l’on la jugeait capable de le faire. Car son désir profond était de chercher non pas à faire sa volonté mais celle de Dieu à travers les frères.
Elle a surtout travaillé dans les magasins, à la pharmacie mais quand les Frères ou les chauffeurs n’étaient pas disponibles, elle allait dans les villages pour chercher les malades, parfois même dans la nuit.
Depuis le 25 juin 1990 Rosanna a été affiliée à l’Ordre Hospitalier de Saint Jean de Dieu, en participant ainsi aux biens spirituels de notre Ordre.
3. Abandon à la providence
Pour Rosanna « il existe une Providence de Dieu qui, à travers la générosité des autres hommes, aide » à résoudre le problème de la pauvreté des personnes nécessiteuses avec qui elle vivait.
Elle disait souvent : « non pas ma volonté mais celle du Père et vivre dans l’abandon au Père comme la Vierge Marie et la petite Sainte Thérèse de l’Enfant Jésus ».
L’unique chose qui semblait la préoccuper de plus était de se demander qui prendrait sa place en mission, voyant beaucoup de coopérants venir pour de brefs séjours sans désir de rester pour toujours. Mais elle finissait toujours par se convaincre en disant : « Mais oui, la providence nous aidera sûrement, parce que là -haut il y a un Seigneur qui se préoccupe de nous.»
Une prière qu’elle aimait réciter souvent est la prière de l’Abandon du Père Charles de Foucauld : « Père je m’abandonne à toi… »
Il s’agissait pour elle d’une vraie vocation, mûrie à travers de longues années. Sa devise pouvait être ainsi formulée : « Faire bien de petites choses avec beaucoup d’amour pour le Christ ». Sa fidélité dans de petites tâches quotidiennes reste pour nous un exemple à imiter.
4. Un exemple dans la vie de prière
Rosanna était fidèle aux prières quotidiennes et en particulier à l’Eucharistie, dont elle avait une dévotion spéciale. Chaque matin, elle était la première à la chapelle.
Une autre particularité de sa vie chrétienne était l’importance de la bénédiction. Au moment de se séparer d’une personne, elle la bénissait par l’imposition d’un signe de croix sur le front et avec douceur prenait la main de la personne pour faire le même geste sur le sien en disant : « Cette bénédiction nous vient de Dieu ».
Sa dévotion à la Vierge Marie par la récitation du saint Rosaire n’est pas à démontrer.
5. La terre africaine : sa terre d’adoption
Très estimée et appréciée par ses collègues et amis déjà quand elle était en service à Milan, Rosanna était devenue pour nous un point de référence par son engagement en faveur de celui ou de celle qui était dans la souffrance. Et comme si ses combats pour les autres ne suffisaient pas, elle a dû affronter la douleur physique en ces derniers mois. Atteinte d’une maladie grave, elle s’est rendue en Italie pour les soins. Ayant subi une intervention chirurgicale suivie de multiples complications, elle a compris que ses jours étaient comptés. A peine elle pouvait supporter le voyage, elle s’est mise en hâte pour retrouver Tanguiéta, sa ville d’adoption, où elle attendait que son Epoux Eternel l’accueille dans sa Maison. Elle a supporté la douleur avec sérénité et le sourire aux lèvres.
Son témoignage d’une vie simple, sans ombre de protagonisme, nous reste un vrai héritage qui suscitait chez tous ceux qui l’ont rencontrée l’idée de pouvoir suivre son exemple : vendre tous leurs biens et aller en Afrique pour y demeurer.
Du Ciel, Rosanna va continuer à nous parler des plantes médicinales et nutritives, des mamans à éduquer, des enfants malades à fortifier et de la nécessité de soigner toute personne, sans discrimination et avec amour.
Chère Rosanna, te voici maintenant dans la lumière du Christ ressuscité. Avec toi, nous magnifions le Seigneur. Merci à toi pour ta vie de foi dans une persévérance communicative. Merci à toi pour ton humilité, ton effacement dans le dévouement et le travail bien accompli. Merci à Dieu de nous avoir donné une telle dame en ta personne.
En priant ce matin pour le repos de ton âme, je présente à nous tous mes sincères et vives condoléances, demandant à Dieu d’accueillir sa fidèle servante dans sa paix et dans sa lumière éternelle.
Que la Vierge Marie et Saint Joseph que tu chérissais tant t’introduisent dans la compagnie de tous les Saints où il n’y a ni deuil ni larmes. Rosanna Repose en paix. Amen |